UA-97640311-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

▒ Faits divers, bien trop divers

  • Viol.

    Repus, ils l'ont jetée. Enfant souillée, cassée,

    Lynchée par cet amour assouvi dans l'horreur.

    Fauchée dans son désir de se voir fiancée,

    Au jour de dominer la crainte du bonheur.

     

    Tout son être abîmé pourra cicatriser,

    Mais son cœur outragé ne saura pardonner.

    Ses envies violentées pourront s'apprivoiser,

    Mais ses yeux révoltés ne sauront raisonner.

     

    Vêtue comme une fleur, pour être simplement,

    Son corps ne recherchait qu'à vivre sa jeunesse.

    En offrant la chaleur de son rayonnement,

    Juste pour le regard, sans donner de promesse.

     

    Et les trois meurtriers sont partis fièrement,

    Avec dans leur bas-ventre, une satisfaction.

    L'inviolable impression d'user d'un sentiment,

    Accordé par les temps de leur domination.

     

    Vertement sermonnés pour cette gaillardise,

    Ils s'autoriseront à ne plus rançonner.

    Comme un viol après tout, n'est qu'une gourmandise,

    Ce péché naturel peut bien se chiffonner.

     

    Mais le vrai jugement aura lieu pour la gosse,

    Coupable d'être ainsi et de nous captiver.

    Sa pauvre faute étant de n'avoir pas de bosse,

    Car la difformité aurait pu la sauver.

     

    Elle ira dans l'oubli, triée comme un déchet.

    Avec au fond du cœur, la haine envers ces hommes,

    Qui l'ont considérée comme un colifichet.

    Enfanté simplement pour croquer dans leurs pommes.

     

    Ainsi ne restera, que de ces "pruderies",

    Ne sachant colorer l'horizon de nos yeux.

    Les belles resteront près de leurs broderies,

    Voilant avec rancœur le soleil de leurs vœux.

     ----------

    ...  le 15 octobre d'une sale fin de 20ème siècle, une petite commune engoncée dans une mutité provinciale ! Laurette est la fille cadette d'un couple d'agriculteurs. Elle a tout juste seize ans. Laurette est normalement insouciante et veut d'abord déguster ses premières années de jeune fille. Dans une ingénuité qui convient à son jeune âge.

    Laurette est très jolie et cherche à profiter de son adolescence, dans une candeur réservée à la prime jeunesse. Elle veut s'épanouir dans une fraîcheur printanière, toute bourgeonnante d'une frivolité encore enfantine. Laquelle devrait sainement aérer nos comportements d'adultes préfabriqués. La "petite" est juste fautive de vivre dans une innocence spontanée, qui devrait condamner sans merci, nos jugements trop investis de leur seule raison d'adulte. Un raisonnement trop vite oublieux de l'adolescence sans complexe. Mais Laurette est convaincue de la réalité de l'amour consenti à deux. Certaine que ce sentiment ne peut se manipuler. Tant il est profond. Tant il est personnel à chacun. Pourtant, des profanateurs de destin vont en décider autrement. Ils vont jouer avec la candeur de l'enfant à peine grandie. Ils vont simplement s'amuser. Parce que les hommes sont comme ça et qu'ils veulent pardessus tout, respecter leurs bas instincts de mâles "Campeador". Parce qu'ils veulent pérenniser ces inclinations décrétées comme naturelles. Lesquelles sont pour chaque fois, sordidement agréées par toute la stupidité de certaines petites villes engluées dans des convenances immuables. Mais Laurette ne sait pas encore. Laurette aime tout le monde. Laurette sourit à toute la sainte paroisse, en parfumant les ruelles des froufrous de sa démarche espiègle. Laurette offre ses jeunes années habillées de dentelles et de relative impudeur immature, à tous ces amis qui l'ont vu naître. Sans aucune arrière pensée, Laurette leur envoie des baisers avec ses yeux pétillant d'allégresse. Pour les remercier de leur bienveillance.

    ...  le 16 octobre, quelques milliers de siècles après le premier hominidé, une petite commune maculée par ses lois provinciales. Une agglomération assujettie par la certitude de ses tolérances ancestrales. Une bourgade encellulant des âmes enchaînées à leurs propres lois. Transmises par la rigidité incontournable d'une éducation tribale et misogyne. Un peu plus loin, on a retrouvé les seize ans de Laurette, répandus dans un champ de blés encore verts. Seize années de naïveté légitime. Seize années embourbées dans un cloaque conspirateur, consciemment entretenu par une alliance inquisitoriale. Seize années écrasées sous un rouleau compresseur primitif.

    Une longue et infectieuse lézarde commence à craqueler la jeune vie maintenant figée de Laurette. Coupable d'être femme. Coupable d'être jolie. Coupable d'avoir voulu embaumer le cœur de ses concitoyens. Coupable d'être née en cet endroit, soumis à la domination du mâle fanatique et indétrônable.

    On a violé Laurette.

    On a jugé Laurette … coupable !

    PtK