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Entre les pages du temps - Page 3

  • 1er Mai.

    Aujourd'hui,

    C'est l'aujourd'hui à tout le monde.

    Le jour où tout le monde peut travailler

    Pour fêter cet ancien 12ème jour de floréal.

     

    C'est la fête où chacun peut besogner tranquille,

    Sans permis de stationnement sur la voie publique,

    Mais en donnant de la voix pour vendre son muguet.

    Même si ça tombe un samedi,

    Même si ça tombe un dimanche.

     

    Aujourd'hui,

    C'est le jour où l'on peut acheter un gros brin de muguet

    Ou alors,

    Si l'on ne s'y connaît pas très bien en fleur,

    Un petit bouquet de clochettes pétillantes

    Parfumées au "Convallaria majalis".

     

    Sinon,

    C'est que l'on n'a pas assez de poésie dans le cœur,

    Pour fêter ce jour férié avec des fleurs.

    L'aubépine, c'est le "Doux espoir",

    Le gardénia, "L'amour en Secret.

    La jonquille, c'est "Je me languis d'amour",

    Le lilas blanc, le "Premier rêve d'amour".

    La marguerite, c'est "M'aimez-vous ?",

    La primevère, "Premières amours".

    La rose rouge, c'est "L'amour ardent",

    La Violette de Parme, "Laissez-moi vous aimer" …

    … L'immortelle, c'est "Toujours à vous !"

     

    Mais en fin de compte,

    Qu'importe le langage des fleurs.

    C'est ce qu'on veut leur faire dire qui compte le plus.

     

    Le muguet,

    C'est un porte-bonheur.

    Un peu comme le trèfle à quatre feuilles,

    Mais avec des petites clochettes pétulantes

    Et un doux parfum de muguet en plus.

     

    Le muguet,

    C'est un brin d'amitié,

    Que l'on trouve dans les bois des promeneurs du dimanche

    Ou dans les pots remplis de terre des bois des fleuristes du dimanche

    Ou juste posés sur les tréteaux en bois des travailleurs du dimanche.

     

    Le muguet,

    C'est tout ce que l'on veut

    Ou ce que l'on ne voudrait pas.

    Mais c'est surtout un geste qui rassure,

    Un petit signe cueilli du bout du cœur

    Et qui passe de main en main,

    De présence en sourire,

    De je t'aime en baiser.

     

    Le muguet,

    C'est une confidence fragile,

    Réservée à cet aujourd'hui seulement.

    C'est un aveu qui se cache le reste de l'année,

    Lorsque le printemps n'est pas encore là.

     

    Le muguet,

    C'est une fleur sincère,

    Qui ne s'offre qu'en ce seul moment présent.

    C'est une infusion pleine de santé

    Qui bouillonne quand l'amitié a besoin de sève nouvelle

    Ou quand l'amour a besoin de se parfumer de promesses.

     

    Le muguet,

    C'est un petit brin de soi-même,

    Que l'on glisse dans les cheveux de son ange gardien

    Pour le remercier d'être là.

     

     

    PtK

     

    Annexe.

    1er mai : les origines de la fête du muguet et du travail.

    La fête du 1er mai a en réalité deux origines et deux histoires :

    * La première remonte au Moyen-âge.
    * La seconde trouve ses origines à Chicago en 1886.

    La fête du muguet.

    Depuis le Moyen-âge. Il semble que le muguet aussi appelé lys des vallées, une plante originaire du Japon, soit présente en Europe depuis le Moyen-âge. La plante à clochettes a toujours symbolisé le printemps et les Celtes qui lui accordaient des vertus porte-bonheur.

    Le 1er mai 1561, le roi Charles IX officialisa les choses : ayant reçu à cette date un brin de muguet en guise de porte-bonheur, il décida d'en offrir chaque année aux dames de la cour. La tradition était née.

    La fleur est aussi celle des rencontres amoureuses. Longtemps, furent organisés en Europe des "bals du muguet". C'était d'ailleurs l'un des seuls bals de l'année où les parents n'avaient pas le droit de cité. Ce jour-là, les jeunes filles s'habillaient de blanc et les garçons ornaient leur boutonnière d'un brin de muguet.

    A Paris, au début du siècle, les couturiers en offrent trois brins aux ouvrières et petites mains. Mais il faut attendre 1976 pour qu'il soit associé à la fête du 1er mai. Sur la boutonnière des manifestants, il remplace alors l'églantine et le triangle rouge qui symbolisait la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.

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    La fête du Travail.

    1er mai 1886. Ce samedi à Chicago, un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures est lancé par les syndicats américain. Une grève, suivie par 400 000 salariés paralyse de nombreuses usines. Le mouvement se poursuit et le 4 mai, lors d'une manifestation, une bombe est jetée sur les policiers qui ripostent. Bilan : une dizaine de morts, dont 7 policiers. S'en suivra la condamnation à mort de cinq anarchistes.

    Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là. La grève générale du 1er mai 1886 est largement suivie7. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

    A Chicago, la grève se prolonge dans certaines entreprises, et le 3 mai 1886, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester. Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.

    C’est alors qu'une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg) ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou « vendredi noir ») malgré l’inexistence de preuves, le dernier (Louis Lingg) s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité.

    En 1893, le gouverneur progressiste de l'Illinois signe des pardons pour les syndicalistes encore détenus, en raison de la fragilité de l'enquête et du processus judiciaire.

    Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, August Spies : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui».

    20 juin 1889 : le congrès de la IIe Internationale socialiste réuni à Paris pour le centenaire de la Révolution française, décide de faire du 1er mai un jour de lutte à travers le monde avec pour objectif la journée de huit heures. Cette date fut choisie en mémoire du mouvement du 1er mai 1886 de Chicago.

    Dès 1890, les manifestants arborent un triangle rouge symbolisant leur triple revendication : 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs. Cette marque est progressivement remplacée par une fleur d'églantine, puis en 1907 par un brin de muguet. Le muguet fait son grand retour...

    Les manifs de 1936 : dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grèves ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations. Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

    24 avril 1941 : en pleine occupation allemande, le 1er mai est officiellement désigné comme la fête du Travail par le gouvernement de Vichy qui espérait rallier les ouvriers. Le jour devient chômé.

    Avril 1947 : la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération. Celui-ci fait du 1er mai un jour férié et payé.

    Aujourd'hui, la Fête du Travail est commémorée par un jour chômé dans la plupart des pays d'Europe à l'exception notamment de la Suisse et des Pays-Bas. Le 1er mai est aussi fêté en Afrique du Sud, en Amérique Latine, en Russie, au Japon. Au Royaume-Uni, c'est le premier lundi de mai qui est fêté. Etonnement, aux Etats-Unis, le "Labor Day" est célébré le premier lundi de septembre, et non en mai, en mémoire d'un autre épisode de la répression ouvrière (Linternaute.com)».