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  • La précaritude.

    ... partir un jour, avec son destin en bandoulière.
    Se laisser expulser d'une vie javellisée de promesses
    Pour s'aventurer dans des certitudes glacées,
    En prenant bien garde de ne pas s'aventurer par effraction
    Dans les sourires jalousés par les peurs et les intolérances.
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    L’impossible s'est trop bien inscrit dans sa tête,

    En lettres faméliques et indélébiles.

    Alors, débarrassé de ses peut-être immobilisés,

    Il va repartir vers ses envies de ne plus croire.

     

    Un jour pourtant,

    Après des colères et des larmes et des ans d’inutilité silencieuse,

    Les incertitudes d’une administration douloureusement utopiste,

    Avaient insufflé dans sa confiance agonisante

    Six petits mois de retrouvailles sous socialisées.

     

    Le cœur débordant d'une condescendance consignée,

    On lui avait prêté un petit boulot en accordéon,

    Avec en prime et souligné à l’encre sympathique,

    Quelques illusions d'éventuelle prolongation.

     

    Après une moitié d'année passée à vouloir croire en demain,

    On lui accordé six autres grands mois d'équilibre stérile,

    Que l'on avait rajoutés entre les bavures préméditées

    De ce double contrat à rallonges provisoires

    Et relié par une double sentence conditionnelle.

     

    Mais dans ce faux recul pour mieux sombrer,

    Il n’y avait rien à comprendre plus loin qu’un sursis.

    On lui avait simplement donné la permission

    De croire le temps de deux demi-années d’ivresse modérée.

    On lui avait tout juste offert le droit

    De reconditionner son rejet futur !

     

    A cinquante ans, il avait l’âge interdit.

    Celui d’être reconnu économiquement méconnaissable.

     

    Mais pendant ces cent quatre-vingts autres jours d’espoirs vicieux,

    Il a posé les secondes pierres de sa deuxième existence.

    Durant ces cent quatre-vingts derniers jours d’espérance condamnée,

    Il s’est raccroché à cette vie qui allait le trahir encore

    Et au premier lendemain du dernier soir contractuel,

    Il a chuté du haut de ses pierres lézardées par le règlement.

     

    Avant-hier,

    Il avait le même droit de vivre

    Que celui des communs mortels graciés par le hasard

    Et qui ne se souciaient pas des précarités immortelles

    Conservées dans les frimas de l'oubli stimulé.

     

    Hier,

    Une malchance contresignée par un choix partial

    L’a expulsé d’un avenir, un instant conquis sur la fatalité

    Et l’a désigné sans faillir d’un index nonchalant,

    Pour le repousser sur les trottoirs interdits à la tolérance.

     

    Jusqu'à ce matin,

    Il a cru aux saveurs mensongères

    De quelques mois blets dérobés au pied du verger défendu.

    Il a goûté de nouveau à l’espoir de sa première vie mal oubliée

    Et s'est empoisonné aux chairs de ce double six mois impitoyable.

     

    Tout à l’heure,

    Il va retrouver ses jamais fleuris dans ses hier d’affamé

    Et au bout de ses mains bien tendues par une habitude amidonnée,

    Il va essayer de ne plus croire en deux-temps vains-mouvements,

    En se laissant traîner dans une survie somnambule.