UA-97640311-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Web, web, web, hourra !

Les raisons des blogs et réseaux.

Un soir, j'ai pris en vol une émission politique et sociétale, présentée par un journaliste qui ne se laissait pas embobiner et réitérait ses questions jusqu'à ce que les langues de bois s'avouent vaincues. Ce que j'apprécie beaucoup.

L'émission du jour traitait des sites de rencontres. Lesquels se disaient vouloir aider les gens en souffrance, sans (presque) jamais penser au pognon que ça "peut" rapporter ... mon œil !

Bref, certains intervenants, "psychogogues" et autres "sociogogues" de tous poils, polémiquaient sur le fait que la vie privée de tout un chacun s'étale de plus en plus en public. Notamment sur le net et encore plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Vulgarisant de ce fait, une intimité personnelle qu'autrefois on gardait bien enfouie au fond de son petit jardin secret. Alors qu'aujourd'hui, on la jette en pâture à l'entourage plus ou moins proche. C'est vrai et je suis bien obligé d'en convenir. Puisque je suis en train de le prouver en ce moment même, en écrivant ce p'tit compte-rendu d'un p'tit bout de ma vie ... à moi.

écriture,société,humeur,humour,fantaisie

Seulement là où je ne suis plus tout à fait d'accord c'est qu'aujourd'hui, se dévoiler tout au long de ses journées est entré dans les mœurs de l'époque. C'est devenu tellement anodin et coutumier, qu'à part quelques nostalgiques du télégraphe sans fil, ça ne gêne pas grand monde et plus personne n'y fait attention.

Lequel d'entre nous se souvient de la personne qui, dans le bus, téléphonait à sa copine pour lui dire qu'elle s'est offert une sacrée paire de botte à seulement 39,99 € ?

De celui qui appelle sa moitié plantée devant le rayon des surgelés, pour lui dire qu'il se trouve au rayon des accessoires autos ?

De celle qui, dans la rue, hurle dans le récepteur portable d'un éventuel employeur pour lui égrener tout son curriculum vitae ?

De celle qui ... etc. etc.

Même le pervers qui glane sur différents blogs et forums, des infos sur l'intimité d'une personne, des photos ou autres aveux personnels, "hé bien quoi" ? Si ce pervers traque la personne en question et la désigne en public en balançant tout ce qu'il sait sur elle, "hé bien quoibis" ? Sans doute, quelques badauds vont-ils ricaner. Mais très vite, chacun va "oublier" l'inconnu(e), s'en aller voir ailleurs s'ils y sont et à défaut, se focaliser sur de nouveaux venus.

Quant aux personnes (Je pense notamment aux adolescents) qui se font harceler, voire même insulter, il leur faut bien comprendre que cela vient de gens qui ne les connaissent pas réellement. Donc, des mercenaires du web prêts à tirer sur tout ce qui bouge sur le net, parce qu'ils n'ont pas d'autres capacités leur permettant d'exister autrement. Il suffit alors de supprimer sa page de réseau ou son blog et de rouvrir un espace sous un autre patronyme.

Cela dit, les "victimes" ne sont pas toujours innocentes de ce genre d'acte malveillant.

Il arrive également que des personnes n'étant inscrites sur aucun site d'échange, soient verbalement lapidées par de vagues connaissances désireuses de clouer untel ou unetelle au pilori. Pour des raisons parfois douteuses. Mais il faut bien se dire que ce n'est pas uniquement un "problème" du web. Ce genre de cabale existe également dans les cours de récréations,  dans les cafétérias, les réfectoires d'entreprise. Cette animosité peut être entretenue par des voisins de palier, au sein même de sa propre famille, etc.

On peut dire ce que l'on veut, mais le net est un bon exutoire. On peut "crier" au monde entier que l'on existe, que l'on sait faire telle ou telle chose, que l'on pense, que l'on s'intéresse à la vie du dehors, que l'on a des idées et même des avis. Toutefois, à quoi cela sert-il de converser avec des personnes,  en ne connaissant que leur pseudo et le temps qu'il fait chez eux :

Forum (www .reseau-ecoute-ecoute.com/) - 09h24 :

- salut Tito24. C'est kiwa458, ça va !

- Moi ça va et toi, ça va ? Quoi de neuf ?

- Hier j'ai acheté un CD !

- Ha ouais, moi j'ai mangé du cassoulet !

- Bon bein, salut. A demain !

- A demain.

Forum (www .reseau-ecoute-ecoute.com/) - 09h25 :

- salut Mervandium812. C'est Tito24, ça va !

- Moi ça va et toi, ça va ? Quoi de neuf ?

- J'ai dit à Kiwa458 qu'hier j'ai mangé du cassoulet !

- Ha ouais et qu'est qu'il a répondu ?

- Juste qu'il avait acheté un CD !

- Bon bein, salut. A demain !

- A demain.

Le plus triste, pour moi, c'est de lire la joie démesurée de certains, pas peu fières de pouvoir annoncer qu'ils ont "déjà" glané quelques 201 357,5 "AMIS" sur leur page "FaceBouc ou Touiteur". Alors que près d'eux, à peine 2 ou 3 copains en chair et en os.

Mais qui sont ces amis virtuels ? Qui se cache derrière cette proposition : - Je veux être ton ami. C'est tout de même bien agréable de dialoguer pouvoir avec des gens des quatre coins de la planète. Mais connaître un minimum d'intimité de la personne contactée peut permettre de créer un lien, même virtuel, susceptible de remplir un bout de la vie de tous ceux qui privilégient la sociabilité. Pas comme autrefois, dans ces gros bourgs de quelques centaines de personnes repliées sur elles-mêmes, où chacun épiait l'autre pour le démolir en allant au marché ou à la sortie de la messe dominicale. Ni comme ces fois (d'aujourd'hui encore) où lorsque l'on pose (ou posait) son regard sur un quidam, on s'entend (ou s'ntendait) rétorquer …

- Qu'est-ce t'as toi, tu veux ma photo ?

… et je ne vous parle pas de s'immiscer dans une conversation quelconque au hasard d'un boulevard, sans risquer se ramasser un coup de poing sur la g... Avant de pouvoir expliquer que l'on cherche (ou cherchait) simplement à copiner !

Bien sûr, je ne parle pas de l'Espagne ni de l'Italie. Là où la population est un peu plus civilisée. Dans ces pays,  "el paseo", comme "la passeggiata" (en clair, "la promenade"), sont depuis toujours bien ancrées dans les coutumes. Au cours de ces déambulations nocturnes, dans des endroits remplis de "nous-mêmes", chacun discute de tout et de rien et chacun peut intervenir dans la conversation de son choix au hasard de sa "promenade". Pour parler de tout et de rien. En toute convivialité. A quoi bon totalement s'effacer derrière une intimité qui peut servir à connaître tant de personnes respectables, se trouvant à des distances elles mêmes respectables.

Lever le voile d'un p'tit bout d'intimité, avec simplicité, pour partager ses coups de gueules, ses goûts, ses couleurs. Tout en gardant une petite partie, à ne dévoiler qu'à un être cher ... ou pas.

Mourir anonymement, dans le sens d'invisible, devant les yeux d'un monde que l'on partage avec tous ces autres, n'est pas vraiment un moyen d'avoir vraiment vécu en habitant de la terre. Ni d'être un mort regretté et parti incognito de l'autre côté du web!

* Mais attention ! Toute photo, toute vidéo et tout article déposés sur la "toile", restera englué dans les archives du site et ne pourra s'effacer quoique l'on en dise.

Le web, tout comme la toile d'araignée, est un ensemble de différents types de pièges que fabriquent certains administrateurs pour capturer leurs proies. C'est pourquoi il faut bien réfléchir avant de cliquer sur "Envoi". Autre chose à bien avoir en tête. Même si l'on publie sur un site "honnête", le temps qu'une publication soit effacée après en avoir fait la demande, nombre de captures d'écran, de coller/copier, ou de téléchargements ont pu être réalisé par des visiteurs ... anodins ou malintentionnés. Alors : vigilance !

 

PtK

 

P.S. : Tout n'est pas dit dans cet article, mais chacun peut y apporter un complément ou marquer un désaccord. Si moral il y a, ce qu'elle tente de démontrer est que le web est un outil de communication à manipuler avec précaution.

Écrire un commentaire

Optionnel