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  • Aujourd'hui, dimanche.

    Spleen de fin de semaine.

    Je ne sanglote pas longuement, comme les violons de Verlaine. Mais la langueur monotone est bien là et s'insinue dans tous les pores de ma peau.

    Les grandes villes, notamment celles de province et plus particulièrement celles dans lesquelles j'ai résidé, regorgent d'activité. Une agitation fébrile qui ne se dément pas. Du lundi au samedi … je hais les dimanches et ce, depuis bien longtemps. Depuis le texte écrit au début des années 50 par Aznavour et chanté par Juliette Gréco. Simple coïncidence. Car à ce moment, j'avais seulement quelques petites années d'existence. Pourtant, je haïssais ces dimanches matin, où mon père me conseillait de ne plus faire de bêtises à grands coups de ceinture. Méthodiquement, réglementairement, hebdomadairement. Systématiquement.

    Je haïssais ces dimanches après-midi. Au long desquels on m'emmenait régulièrement, invariablement, immanquablement promener dans ces interminables allées du Bois de Boulogne. Mais promener seulement. Tout vêtu de ces habits réservés à ce jour "faste" et qu'il ne fallait pas salir. Pas même en jouant comme un enfant.

    Ces "grandes" villes provinciales offrent tout ce que l'on peut désirer. Mais juste la semaine. Pas le dimanche. Ce jour là, le désert citadin reprend ses droits. Il n'y a que les lieux de restauration et les débits de boisson pour témoigner de l'existence d'une certaine forme de vie. A la périphérie de ces lieux d'agglutination, les rues sont désertes. Ce jour là, la vie repose … en paix.

    Fini ces festivités, jadis organisées pour fêter le dimanche comme il se doit. Ces moments où l'on se rencontrait, où l'on se parlait, où l'on dansait. Ensemble. Simplement pour se connaître ou se reconnaître. Il n'y a pas si longtemps de ça. Mais aujourd'hui tout est terminé. Tout se passe à l'intérieur des stades, des P.M.U, des cinémas et autres lieux de réjouissance cloîtrée. Tout se passe à l'intérieur de chez soi. En laissant la rue vide de tout ce qui fait la vie.

    Je ne sanglote pas longuement, comme les violons de Verlaine. Mais la langueur monotone est bien là et s'insinue dans tous les pores de ma peau.

     

    PtK