UA-97640311-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • L'insoutenable inégalité.

    Femmes S.D.F.

    Elles broient du noir dans leurs nuits blanches.
    Combien sont-elles ? On sait que les femmes S.D.F sont de plus en plus nombreuses.
    Mais on ne saurait les quantifier.

    Elles se cachent pour se protéger !

    * Paris, 23 h 30 : Catherine C… descend dans le métro. Profitant du moment où le quai est vide, elle se glisse dans le tunnel. Jusqu'à la petite entrée latérale qui mène au dépôt de l'outillage d'entretien. Là, elle va pouvoir s'offrir un semblant de sécurité. Jusqu'au petit matin.

    * Châteauroux : Hors de la ville, Nicole M… pousse ses enfants de 13 et 14 ans en avant. Vers un petit bosquet éloigné de la route. Ses mains tiennent deux grands sacs chargés de n'importe quoi, pour faire croire qu'elle revient du supermarché voisin. La petite famille va dormir ici, dans le feuillage, en priant leur bonne étoile de ne pas trop éclairer leur présence.

    * Strasbourg : Matilda W …  enjambe le mur du cimetière, pour y passer son énième nuit. Là, sous le regard rassurant des morts et loin de celui des vivants.

    * Quelque part, sur une départementale : Jocelyne F… se déplace de nuit. Pour éviter toute mauvaise surprise. Surtout, ne pas stationner. Etre à la merci des "n'importe qui", toujours prêts à sauter sur l'occasion.  Elle avance dans les ornières de la route et cherche à se fondre dans la nuit. Loin de l'éclair des phares importuns. Demain, il fera jour. Elle pourra enfin dormir un peu et chercher de quoi subsister, entre deux sommeils.

    La rue, entre chien et loup.

    Dans la journée, on peut voir ces femmes errer dans les rues ou stagner sur une parcelle de trottoir. Mais à la nuit tombée, elles disparaissent. Combien sont-elles, femmes et adolescentes, à quitter biens matériels et sécurité pour échapper aux violences familiales ? Combien à subir l'injustice, qui dépose mères et enfants dans la jungle des rues hostiles ? Combien d'autres, sacrifiées par des logiques sociales et économiques récurrentes … trop souvent inadaptées ? Trop souvent non conformes, parce que généralistes ! Sans doute, pour éviter la surcharge de boulot du "cas par cas" … et pourtant ! Chaque identité à sa propre histoire et demande des solutions particulières à chacune d'entre elles !

    Doit-on croire que la bonne société, a moins de compassion pour les femmes S.D.F que pour les hommes ?

    Le tragi-comique de l'histoire, c'est que la misère, elle, respecte la parité. Partout en France se pose, pour ces femmes, le problème de leur accueil. Il n'y a quasiment pas, comme pour les hommes, de structures spécifiques. Des lieux protégés, exclusivement destinées à leurs besoins dans l'urgence du moment. Juste la possibilité, pour quelques une d'entre elles, de bénéficier de 2 ou 3 nuits d'hôtel (qui reviennent trop cher pour être prolongées au delà), lorsque la nécessité est vraiment "impérative".

    La peur de la main tendue !

    Mis à part la terrible constatation de la "pauvreté" de lieux d'accueil sécurisés accessibles aux femmes, par rapport à ceux qui s'offrent au genre masculin, beaucoup de femmes refusent de se laisser tenter par l'offre des associations humanitaires. Par peur "d'avouer" leur état de femme violentée par un mari, par un parent, par un ami ... par crainte de devoir ressasser l'histoire de leur vie. Mais surtout, par peur du système. Celui qui, pour les mères de familles, juge nécessaire de les séparer du seul bien inaliénable, pouvant les stimuler afin de reprendre pied : leurs enfants ! Il est logique de penser d'abord à ces petits innocents. Mais après avoir perdu son foyer, son environnement familier, souvent ses papiers et que l'on n'a plus aucune ressource, comment garder un espoir constructif après l'enlèvement "administratif" de ses gosses.

    La femme, perpétuellement objet du désir malsain.

    Parlons également du danger provoqué par leur aura de "femme convoitée". Un désir constant, ressenti par l'homme, au sens masculin du terme et qui les place toujours dans un projet de convoitise lubrique. Même mariée, même dans la rue. Même non consentante. Lorsque la femme fait la manche pour subsister, elle doit se méfier du très gentil monsieur au sourire fabriqué. Celui qui lui propose de passer deux ou trois jours dans son petit trois pièces, pour qu'elle reprenne des forces. Il n'est pas certain qu'elle puisse prolonger son séjour au-delà du petit matin. Encore moins trouver son petit "cadeau", en billets soigneusement pliés en quatre sur la table de chevet.

    * Malgré la "rue", les hommes SDF continuent d'avoir des envies de femme. Alors que les femmes marginalisées n'ont plus que l'envie d'être en sécurité, avant de pouvoir à nouveau entendre leur sexualité.

    Pourquoi traiter le problème en urgence ?

    Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les femmes n'ont pas les mêmes besoins que leurs congénères masculins. Un homme, vêtu d'un jeans propret, d'un tee-shirt défroissé et soigneusement peigné avec les cinq doigts de la main, aura un aspect plus présentable qu'une femme apprêtée avec les mêmes vêtements de quelques jours et quelques …

    Pour entamer des démarches professionnelles en mettant le plus de chances de son côté, la femme a besoin d'un minimum supplémentaire essentiel. Une coiffure soignée, une tenue gracieuse, un peu de maquillage pour atténuer la trace des nuits passées dans des recoins bétonnés et quoique l'on pense, ce n'est pas du luxe. Le regard extérieur qui le juge ainsi, est là pour le prouver. Quand l'homme démuni peut se contenter de vêtements convenables, d'un repas chaud, d'une douche plus ou moins commune, d'un coin tranquille pour dormir, la femme peut de même s'en satisfaire. Avec en plus … un endroit discret pour sa propreté corporelle et surtout, le minimum indispensable pour son hygiène intime. Mais bien que les associations humanitaires, œuvrent pour combler les besoins de base des démunis, peu de structures se préoccupent des besoins particuliers de la femme. Pour lui permettre de rester femme, avec le minimum de dignité.

    Bien des lieux d'urgence abritent l'homme seul.

    L'homme seul et son chien.

    Son chien … pas la femme.

    Pas la femme seule et son chien.

    Pas la femme seule !

    -o-

    A ce sujet, j'ai discuté avec le responsable d'une très importante structure humanitaire, ayant pignon sur rue et très appréciée de par le monde. Il a convenu de cette lacune et m'a avoué être en total accord, avec le contenu de ce que j'ai écris sur ce sujet. Seulement, il n'a pas voulu que je le cite, ni que je nomme la structure. Pourquoi ?

    * Il m'a répondu ceci : – Lorsqu'une femme violentée, quitte son domicile en urgence pour ne pas "mourir", sans valise, sans argent, sans papier, à qui s'adresser ? 9,99 fois sur 10, les "sages" chargés du droit des citoyens, conseillent à cette femme de retourner au domicile et tenter de régler le problème. Ajoutant que l'on protègera ses droits ...

    … peut-être … juste après sa mort !

    PtK


    S.D.F ! Pourquoi, comment ?

    Très régulièrement et notamment avant chaque élection quelle qu'elle soit, on annonce de grandes résolutions humanistes. Pour prendre à bras le corps le problème des violences faites aux femmes …  juste parce qu'elles sont femmes. Puis, quelques temps après, on oublie et ça continue. Une fois les beaux parleurs élus et confortablement installés dans leur fauteuil d'édile national. Mais pendant ce temps là,

    Près de 223.000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année et 84.000 subissent un viol ou une tentative de viol. Sources : Étude nationale sur les morts violentes au sein du couple, réalisée par la Délégation aux victimes du Ministère de l'Intérieur. La lettre de l'observatoire des violences faites aux femmes, novembre 2015, de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains.

    -o-

    N.B : Ce que les machos doivent bien se rentrer dans le crâne :

    Même en ayant recours à la fécondation in vitro, on a besoin de la femme pour mener à bien la venue au monde d'un bonhomme !

    ------------------------------------------------------------