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  • Le cercle vicieux.


    Journée d'une femme ...

    ... au-dessus de tout soupçon.


    L'aube commençait à s'installer,
    poésie, poème, poète, littérature, nouvelle, écriture, journal intime, réflexion, pensée,société,humeur, humour, fantaisie,
    Annonçant la sempiternelle reprise
    de l'une de ces vieilles journées à peine dépassées.

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    C'était les premières lueurs d'un matin aux airs de déjà vu.

    Celles d'un indéfectible renouveau rabâché par un temps mûrement établi et qui allait suivre les énièmes premiers pas d'une ixième résurrection. Cette aurore allait s'user, une fois de plus, au long de cette veille de lendemain à reproduire. Sans rien donner à envier aux journées déjà écoulées. Pas plus qu'à celles qui allaient suivre. Lesquelles s'emboîteront les unes aux autres. Peut-être. A la grâce de dieu !

    Ce point du jour de tous les jours allait être, une fois encore, le simple début du prolongement d'une vie sans véritable originalité.

    Celui d'une suite d’événements calculés, parfois retouchés selon les caprices du temps. Sans se rebeller, il allait s'imbriquer dans la reconstitution d'un leitmotiv existentiel, ralenti par des nuits elles mêmes scrupuleusement recomposées. Attendant avec fatalisme, la mise en œuvre d'un amalgame d'accomplissements soigneusement triés pour remplir ce vide.

    A cet instant du temps parmi les temps, nous étions au moment de l'exécution d'un trop plein de désirs hétéroclites. Forgés de toutes pièces par la maîtresse de ces jours sans vraie fin. La minute précédant l'inauguration gratuite de ces projets sans saveur allait sonner. Pour les recalquer encore et encore sur leurs semblables à peine dépassés. Sans déborder du cadre du canevas des journées d'antan.

    Poussé par l'habitude, l'imminent était prêt à suivre la composition d'une bonne douzaine d'heures à gaver de trouvailles inédites. Il était disposé à reprendre l'entretien d'un bien petit futur mort‑né et embaumé sous des couches de vieux onguents insipides indifférents à l'inattendu. Ce temps en était là. De nouveau. Prêt à valider l'acquiescement d'une fois encore. Pourvu que celle-ci sache se diluer dans une manière de vivre, invitée à suinter sur les murailles d'un environnement aristocrate. Tout ce scénario était une empreinte solennelle de base. Un savoir exister propre aux oisifs du peuple de la "troisième personne". A ceux des privilégiés sans scrupule, qui se laissaient baptiser les "Nous au-dessus des autres" avec condescendance et jubilation … C'était l'instant de la renaissance quotidienne de Madame. L'éternel recommencement d'une journée modèle, présélectionnée il y a bien longtemps.

    Cette brave femme se suffisait dans une survivance accrochée à un savoir-vivre vénéneux. Ouvrière qualifiée dans l'intellect de cérémonie, elle bâtissait son quotidien avec méthode. En ajustant proprement ce dernier pour le confondre dans une existence trop bien châtiée. Aujourd'hui, c'était donc un matin comme chaque autre. La continuation d'une vie sans vraie vie. L'étirement d'une destinée qui évoluait mollement, sans vraiment chercher à savoir autre chose que ce qu'elle connaissait déjà d'elle-même. C'était une suite de morceaux de destin, à peine différents les uns des autres. Une condition journalière fabriquée avec préméditation. Sans circonstances atténuantes. C'était le développement d'offensives quotidiennes lancées à la poursuite d'une seule envie narcissique. Des piétinements lâchés à l'assaut d'une seule raison, jouée et rejouée pour que Madame soit jugée avec une objectivité dirigée par elle-même. Pour que les circonvolutions de Madame soient goûtées par les petits chroniqueurs du grand monde. Par ceux qui vivaient de "sa" sorte. Des amitiés conditionnelles, qui s'embrassaient dans le dos pour ne pas se noyer dans le flot de leurs postillons sardoniques.