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   ○ Repentir

  • L'amour dépassé.

    «C'est sacré, un amour d'enfance, rien ne peut vous l'enlever.
    Ça reste là, ancré au fond de vous.
    Qu'un souvenir le libère et il remonte à la surface,
    même avec les ailes brisées (Marc Levy

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    Lettre à Régine,

    Devant toi, devant ma première et dernière envie de premier et dernier amour, je voudrais me confesser. Je voudrais savoir me blanchir en ton premier souvenir amoureux, maculé par mon insouciance prétentieuse. Je voudrais pouvoir m'agenouiller aux pieds de ta bouche insultée. Je voudrais refleurir ton premier rêve flétri, en l'irriguant de mes lèvres repentantes. Je voudrais pouvoir revenir. Un instant seulement. Pour t'enlacer dans la brume expiatoire de mon regret et reconquérir ta première fois … si je pouvais libérer mon premier amour embryonnaire, toujours enchaîné au cordon de cette première fois dépassée. Si je savais revivre avec mon cœur d'enfant. En piétinant ce vilain morceau de passé survivant.

    Le véritable premier amour, c'est celui qui s'imprègne en chaque autre. Si je n'ai pas la souvenance burinée par les embruns d'un premier amour immortel, pas plus que le cœur enfiévré par la déferlante enragée d'une passion inoubliable, j'ai pour toujours l'âme envaguée dans les flux et reflux de cette carence. J'ai encore le regret de cet élan premier, coulé par le fond sous le feu de mes ironies canonnantes. J'ai mal et en deçà de mes vains saccages sentimentaux, le rappel de ton sourire blessé, a réveillé ce qu'il peut rester d'intact au fond de moi. Il me revient, pour provoquer en mes émotions désertées par ce virtuel premier baiser merveilleux, le brûlant désir de revenir vers nous. Alors, en cet instant de rêve indomptable, j'ai désarmé la frégate de mes aventures perdues. Je suis venu m'échouer sur ces remords, l'oubli sabordé par l'utopique espoir de ton pardon écorché.

    Aujourd'hui je me condamne. Aux pieds de ton souvenir, je pleure. Repenti. Conscient que le respect de ton premier baiser immaculé, aurait pu être la source de mes bonheurs devenus anorexiques. Il aurait pu être l'inspiration de mes besoins d'amours vraies, depuis lors estropiées par mes rejets acides … si je n'avais pas mutilé tes promesses, lorsqu'elles ont voulu s'enlacer à mes sentiments acérés. Si j'avais cru en toi !

     

    Rappelle-toi ce jour que j'ai désenchanté,

    En violentant le cœur de ton ingénuité,

    Giflant ainsi l'espoir de ton premier secret.

    Il renaît aujourd'hui, au milieu de mes larmes,

    Naufragé d'une enfance enjôlée par les armes

    Et poussé par ce vain regret.

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    Pour cette première fois, elle exigeait d'aimer pleinement. D'aimer simplement. A quinze ans, elle désirait se risquer, avec la conscience d'un trouble délicieux. Elle espérait, confiante, dans la pudeur de sa première envie. Elle y croyait. A ne jamais en mourir. Toute maquillée d'une émotion sincère d'adolescente, elle s'était préparée avec une force ingénue pour cueillir son premier souvenir magique. Elle souhaitait, en ce jour décidé, concrétiser l'imagination de son premier baiser. Un baiser qu'elle avait tant et tant de fois préparé dans son premier secret de jeune fille épanouie. En faisant répéter ses lèvres impatientes, humidifiées par son premier désir de jeune adolescente. En rougissant déjà au bord d'une sensation encore inconnue.

    Elle pensait broder sur son âme décousue, cette première étreinte amoureuse. Elle prétendait pouvoir éterniser cette première rencontre, ce premier regard contre regard qu'elle avait tant magnifié aux creux de ses destins d'enfant grandissant. Elle voulait sentir à présent, ce corps à corps fabuleux qu'elle avait tant caressé dans ses mille et une nuits. Un cœur à cœur qu'elle avait bercé, jusqu'au bout de son éveil de jeune femme enfin prête à sauter dans les mondes des amours mystérieuses. Elle le voulait !

    Mais moi, je voulais autre chose que ça. Autre chose que cette roucoulade juvénile. Je voulais quelque chose de plus et elle, n'en voulais pas. Pas maintenant. Pas tout de suite. Alors, sans vouloir comprendre son vœu premier je suis parti. Je l'ai laissée. Comme ça. Sa bouche cicatrisée par une incompréhension dévastatrice.

     

    Aux tous premiers émois de son cœur impatient,

    L'homme voudrait déjà aimer comme un amant,

    Pour se voir regretter tout au long de ses ans,

    De n'avoir su rougir comme un adolescent.

      

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    Songerie.

     

    Moi aussi, j'aurais voulu pouvoir aimer une première fois. J'aurais voulu savoir aimer sa toute première fois. Mais j'avais déjà appris à n'aimer qu'une dernière fois. A chaque fois et sans promesse.

    Dans mes premiers pas sensuels, je n'avais pu qu'enlacer des instants d'amours charnelles bien trop tôt concrétisées. Des moments d'amours libertines, bâtardes et passagères. A mon jeune âge, j'étais déjà amant. Bien avant d'être amoureux transi. Bien avant d'avoir un corps adulte au cœur averti. J'étais déjà proie et prédateur en herbe, bien avant d'être fiancé pour la première fois. Sans nulle transition pubère, j'avais eu des amours de grand. Sans avoir pu comprendre l'âge du premier baiser. Celui qui sculpte dans le diamant juvénile, le premier émoi adolescent. J'avais déjà croqué dans les amours provocatrices et je m'étais perdu dans ces amours maîtresses. Je m'étais noyé dans ces amours brutes, bien trop mâtures pour émerveiller mon cœur premier qui s'acidifiait hors des fraîcheurs amoureuses. Trop précoce, j'avais déjà percé le mystère éphémère de ces amours de couloirs qui recherchaient la jouvence en éveil. Trop gourmand, je m'étais déjà éduqué aux amours de boudoir, friandes d'innocence bourgeonnante. Trop confiant en ces clins d'œil quadragénaires, je m'étais laissé engluer dans le miel des amours matures, qui voulaient se rajeunir au travers de ma primeur candide. Je n'avais encore jamais embrassé l'amour vierge, que j'apprenais déjà la maîtrise des amours renouvelables. Celle des passions boulimiques, exécutées sous des désirs dénudés de sincérité sentimentale. Je me soûlais d'amours extrêmes. Avec inconscience. Avant d'avoir pu simplement me griser d'amour premier. J'ai voulu exiger, avant de cueillir. J'ai pu jeter, avant de me souvenir. J'ai su faire mal, avant de savoir caresser.

    Ah, ces premières amours adolescentes. Détournées aux âges chiffonnés par le sot désir de fasciner son entourage. Pour satisfaire ses camarades de classe, désireux de ressentir l'émotion à travers vous. Pour goûter l'impression de savoir manœuvrer ses désirs. Ah, ces premières amours insolentes, aux âges de tout petit homme se rehaussant sur des volontés prétentieuses. Aux âges de ces plaisirs maladroits, où l'on désillusionne le rêve en saccageant la poésie enchanteresse du vrai premier baiser. Ah, ces premières émotions innocentes, fébrilement offertes et que l'on désarticule en ne voulant pas aimer tel qu'on le ressent. En forçant le rêve encore chaste. En déformant ce tout premier élan. Simplement pour montrer aux copains. Juste pour jouer au grand et se leurrer de savoir aimer vraiment.

     

    Mon rêve inaccompli.

     

    Dans le parc qui se "feu-d'artifice"

    En des milliers de cris multicolores,

    Je sème mon attente embarrassée

    Tout au long des balades fleuries.

     

    Le premier rendez-vous

    De ce premier grand amour,

    "Chamade" mon cœur incomplet,

    Enfin prêt à offrir son premier vrai baiser.

     

    Mais dans l'attente fébrile,

    Qui "spasme" mon corps "intensité",

    J'ai besoin d'égrener son émotion nouvelle

    Entre mes doigts agités.

     

    Alors "j'aller-retour" ça et là,

    Pour amuser mon impatience.

    Le cœur tambour, l'esprit inquiet,

    Je vague au milieu de ce ravissement printanier

    Qui cherche à me rassurer ...

     ----------

    Le parc de mon enfance, aurait-il pu devenir celui de mes premières amours adolescentes ? Peut-être ! Mais je n'ai pas cherché à savoir. Pas même à vouloir,

    Alors, dans les nuits de mes regrets définitifs,
    Je m'invente … un premier amour !

     

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    Regrets.

    ... je m'invente un premier amour !

    Printemps 1963.

    Mon renouveau intérieur virtuel s'installe. J'ai 14 ans ! Tout autour de ma concentration, chacun s'applique à ses occupations. Lesquelles ne me troublent pas plus que ça. Dans les contre‑allées, une chaisière "portefeuille" scrupuleusement les fatigues insouciantes et sous les regards amusés des marcheurs échaudés, elle "billette" avec malice les derrières pris en flagrant délit de repos resquilleur. Devant moi, toute une vie se "kermesse" en bien-être. Pour bien illuminer les quelques rayons de soleil empêtrés dans des lambeaux de nuages taquins. L'endroit semble gavé de bonheur, truffé par des rires bien gras. Tout rigole à gorge déployée. Malgré quelques petits chagrins éphémères, qui se "pas-grave" bien vite en de chaleureuses étreintes maternelles. Egaillées par mes passages impromptus, les promenades se mettent à babiller et s'éparpillent en mille trottinements épanouis. Tandis qu'au loin, un gardien impassible "sévère" scrupuleusement les pelouses d'une moustache attentive. Venant vers moi, une maman "poussette" en chantonnant son gamin tout excité de soleil. En croisant mon air songeur, qui se "trémolo" avec angoisse au long des secondes à rebours, elle me "complice" un large sourire bienveillant. Ici, chacun me stimule à sa manière et chaque attitude vient parfumer mon espérance demanderesse.

    Apaisé par cet autre part vagabond, "j'avant‑hier" mes questions pour ne penser qu'à ce jour. Je suis bien là et peu à peu, je parviens à évader mon corps encellulé dans des doutes bien trop hivernaux pour la saison. Alors, le futur "s'évidence" devant cet "autour de moi" convaincu et "confiance" les "on verra bien" avec allégresse. Devant un carré de jeux, je repose un instant les pérégrinations de ma tête. L'esprit soudain oxygéné, par les avenirs éclatants en culottes courtes qui "peut-être" des "plus-tard" enjoués pour ne pas grandir trop vite. Au sommet d'un gros tas de rires, un petit bonhomme "château‑fort" le sable à grandes pelletés de fierté candide et "hourra" son imagination au milieu de l'arène pacifique. Tout à côté, les presque plus grands "se gendarme et se voleur" à tour de rôle. Sous le regard attentif des mères "tricotant" leur surveillance attendrie. Toute cette fraîcheur orchestrée de nature, semble se préparer à "symphoniser" le "tout à l'heure" de mon nouveau monde. Les raisons emperlées de sérénité, je reprends mon chemin de ronde en savourant cette tranquillité électrique.

    Mais les minutes "s'élastiques" à chaque enjambée et les trop longues secondes de mon inquiétude, "tic-tac" de nouveau l'impatience de mes cent "pas-perdus". Je regarde ma montre. Il est presque "maintenant" et je n'arrive plus à marcher pour leurrer mon "bientôt" fiévreux. Fatigué, je vais m'asseoir sur l'un des bancs semés à l'entrée du parc. Je ne me pose pas sur cette tablette de bois tendre, gravée d'un cœur "enflêché" d'initiales passionnées. Non. Je me repose sur sa promesse ineffaçable. Je m'abandonne sur sa surface ligneuse, dans laquelle mes vœux cherchent à s'incruster. C'est ici que l'amour doit imploser, en mes appréhensions encore toutes "puérilisées" d'interrogations pubescentes. C'est en cette première ébullition d'adolescence émoustillée, que le sentiment cueilli par mes enchantements va pouvoir infuser mes lendemains. Les heures se traînent et le temps semble retourner le temps. Mais elle viendra. Je sais qu'elle sera là. Bien avant le "crescendo doloroso" de ces "jamais" qui déraisonnent sous le tambourinement de mes doigts. Alors, dans un "vraisemblablement" qui se "certitude" en "vivacissimo", j'éternelle la réalité de mes espérances. Elle viendra.

    Moi, je suis déjà là ! Fixé en ce début de mes vieilles jeunes années, qui veulent à présent exaucer "l'ensuite" de  mes espoirs nourriciers. Tandis que mon "demain" d'aujourd'hui, "souvenir" déjà mon passé rassasié de jeux bientôt dépassés d'ex petit homme devenant autre. Même si mon présent se "jeunesse" encore au milieu de mes hier à peine consommés, ce prochain bonheur d'aujourd'hui adulte "prématurité" mon avenir à pleines dents. Je suis venu. Je suis au rendez-moi de son oui parfumé de "je-veux", qui "sève" le printemps de mes proches passions adolescentes. Jusqu'à maintenant, je m'amusais du "sans-importance" de ces "chaque jour" de ma vie. A partir de ce "plus-loin-que-mes-songeries", je vais rencontrer le rêve de mes nuits réveillées par chacun de mes jours esseulés. J'en suis sûr. Je le sais. Je me suis tant et tant posé de réponses, ne recueillant que des questions faisant naufrage vers mes pubertés solitaires, que mes "pourquoi" s'étaient enfuis vers des "plus tard" frivoles. Mais dans moins longtemps que le bout de ces prières inconsolables, mon bonheur va se "Prince-Charmant" dans son premier amour. Pour enfin m'éveiller à l'orée de cette clairière, qui "Blanche‑Neige" mes regards impatients. Je l'attends et elle sait que je l'aime. L'essence de ses sentiments enflamme mon "il-était-une-fois" de gosse et "phénix" mes désirs nouveaux qui brûlaient dans mes émois instinctuels pubères. Je sais que je n'ai pas vraiment terminé mes "années-copains" et qu'il me reste autant de "balle au prisonnier" que de "cache-cache" encore collés sur mes fonds de culotte. Mais mon cœur se "premier-baiser" déjà en sensualité précoce. Battant mon enfance empourprée qui se "nubile" en premier amour partagé. Pour mieux me rassurer, je "m'inconscience" en me laissant guider par une émotion mutine et comme mon envie se "candide" toujours de "je ne sais pas", je laisse mon désir extravaguer en mes humeurs libertines. Soudain, ma respiration se "tripe-galop" pour débrider nos élans affolés. Elle est venue. Elle est là !

    Il est bien là, ce premier sentiment épelé par l'écho de mes premières tendresses. Encore trop loin de mes bras ouverts en "je t'aime" et bien trop près de mon aveu qui se "timide" au fond de ma gorge en mue. Pourtant, je voudrais repousser cet instant virginal de quelques autres "oserais‑je l'embrasser". Je voudrais pouvoir encore respirer quelques brefs milliers de secondes d'avant sa venue. Revenir au premier temps de mes rêves cachés pour armer mon vouloir de "n'aie-pas-peur". Mais le merveilleux "trop‑tard" s'avance vers moi. Dans sa course enchantée, il se "robe-légère" en souriant et mes craintes perlées de "comment‑faire" inexpérimentés, s'enhardissent en avouant leur "enfin-te-voilà".

     

    Illusion.

     

    … dans le parc qui se "charmille"

    En milliers de silences amoureux,

    Je "tapis-magique" nos étreintes

    Dans la féerie d'un bosquet transi.

     

    Loin des index rieurs,

    Nos regards s'enlacent, les yeux dans les yeux

    Et les serres de nos doigts affamés,

    "S'oiseau-de-proie" avec douceur.

     

    Puis nos sourires se "main-dans-la-main"

    Au cœur d'un soupir attendri

    Et un long baiser tourbillon

    S'enroule dans l'air de notre temps.

     

    Je t'aime. Tu m'aimes. Le "toc-toc" de nos peurs

    S'est éloigné à cœur de loup

    Et nos lèvres rassurées

    Se "tendre-destinée"

    Vers des après-demain "toujours".

     

    PtK

     

    ... et aujourd'hui, je regrette ce non-premier amour !