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   ○ Confession

  • L'amour flou.

    Dès que j'ai su faire la différence entre ces deux passions étrangement complices que sont la haine et l'amour, j'ai appris à user du rejet insensible et je me suis confectionné une faculté de repli spontané. Ceci, afin de pouvoir m'exiler à loisir hors de ces deux passions premières. A défaut de savoir les contrôler vraiment. Cependant, quelques fois, je refuse parce que je respecte. Néanmoins, je refuse malgré tout. Car je ne sais pas même user trop longtemps de l'amitié.

    Comme tout était bien clair dans ma tête, malgré la noirceur de mes attitudes programmées, je me suis donc revêtu d'un ego indolore. Je me suis caparaçonné pour me protéger de mes réactions sauvages ou désespérées, cultivées à l'ombre d'une tendance totalitaire. Je me suis fabriqué une raison toute personnelle d'exister. Manœuvrant dans un silence invoqué et claquemuré dans des interdits taillés à ma juste mesure. En vérité, je suis un déséquilibré. Car il me manque, depuis toujours et à jamais, la béquille d'une structure familiale rassurante. Mais jours après années je plie. Je fléchis, inéluctablement courbé sous le poids de mes hostilités excessives et à jamais privé des bienfaits de cette source génétique indispensable. Alors je m'engourdis. Je m'égare de plus en plus hors des empreintes héréditaires et je me congèle, loin de mon appartenance contestée. Je me consume, recroquevillé sur un bûcher de tendresses enflammées par des souvenirs rougis à blanc.

    Sans reconnaissance familiale, on s'éduque selon des envies déformées et pire, on s'attache à des besoins irréels. On apprend à n'obéir qu'à ses propres lois émotionnelles façonnées au jour le jour. On s'oblige à refouler chaque promesse de l'amour intercalé, en lui refusant le droit de se mettre en travers du sentier battu par les rancœurs. On abjure les lois du savoir être, pour s'effacer d'un code pénalisant. Pour se soustraire à une loi qui ne reconnaît qu'une espèce de vie, instituée par des "autres" amalgamés au cœur d'un vouloir standardisé. Aujourd'hui, je cherche toujours à conquérir cet amour promis d'enfant-adulte, désireux de ceindre les lauriers de l'homme-enfant capable d'apprendre à aimer. Je voudrais enfin pouvoir m'expliquer. Au travers des reflets de toutes ces femmes. Celles que l'autre moi-même brûle malgré moi, aux gelures de ses quelques soubresauts émotionnels inachevables.

    ... et j'ai peur de cet autre moi-même ! Peur de cet infini qu'il remonte à contre-courant, au long duquel il ne sait plus m'arrêter. Peur de cette force doctrinaire, qu'il abreuve aux saignées de mes sourdes faiblesses. Peur, face à cette image du plein amour qui ne peut s'inscrire sur mon cœur censuré. Peur de toutes mes négations indestructibles.

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    Voilà. J'écris de nouveau ! Aidé par le souvenir de deux amitiés, j'écris de nouveau l'amour. Le vrai, le faux. L'amour que j'ai fabriqué, l'amour que j'ai délaissé. L'amour que j'ai voulu ignorer. J'écris ces amours que j'ai tenu à oublier et qu'aujourd'hui je veux réimprégner dans mes souvenances amputées.

    A Cécile et Annette,

    Toujours présentes dans mes souvenirs choyés.

    Dans ma mémoire préservée.

    Dans mes pensées encore inexplorées.

    Je ne puis faire autrement que respecter formellement chacune de mes émotions. Même si parfois, je ne sais les transcrire qu'au travers des rigueurs de mes amertumes devenues trop naturelles. Je le fais, sinon avec une ferveur certaine, jamais sans une certaine passion !

     

    Décembre 1988. Il était cette fois là !

    "Cette nuit encore j'avais peur. Ce matin, je veux la liberté de me perdre. Seul. Ignoré, pour ne pas crucifier l'amour plus longtemps. Je veux être écarté, pour ne plus lapider ce sentiment qui représente la vie que je me suis refusé. Cette vie que je n'ai jamais vue en moi. Dès toujours. Ce matin, je n'ai plus envie d'avoir de forces. Je n'ai tout simplement plus le désir de me regarder vivre sans savoir aimer vraiment. Sans savoir aimer longtemps".

     

    Mais un jour ...

    Ce fut la mise à feu de mes ressouvenances

    Et dans cette explosion, j'ai compris mes silences,

    Coulés dans un béton, armé par mon autisme.

    Il me fallait trouver l'écoute à en mourir,

    Le fer d'une amitié, pour fendre l'avenir …

    Elle a courbé mon fatalisme !

     

    ... et après ces années volontairement éborgnées ...

    Je ne saurais ressurgir à moitié de mes inclinations mal enfouies et trop fragiles. Des affections évidemment délicates puisqu'elles concernent mes sensibilités. Ce sont des penchants vulnérables, parce que d'acier. L'acier ne plie pas. Il casse. Net et s'il y a soudure, dans l'espoir de reconsolider deux parties sentimentales déjà lézardées par l'idée de rupture, cela ne peut se faire qu'en laissant stagner un hématome à fleur de peau. Une cicatrice ineffaçable. Un témoin perpétuel d'une brisure jamais tout à fait dépassée et surtout, un repère indélébile. Figé pour toujours. A ce même endroit.

    ... je veux revoir au travers de mon subconscient.

    Moi, j'aime ou je n'aime pas … ou plutôt, je n'aime plus. Je ne puis vouloir essayer d'aimer une seconde même fois une même personne. Une personne coupable selon mes exigences immuables et qu'importe si elle est innocente selon les siennes. Je suis un extrémiste, malgré ma sourde volonté de réflexion bienveillante. Je le suis aussi bien envers moi, qu'envers les autres. Je n'accepte les vouloirs positifs de mon cœur qu'en accord total avec mon individualité ou alors, j'en fais une obligation de refus définitif. Telle une condamnation. Lorsque je ne ressens aucune de ces deux conditions, j'éprouve de l'indifférence. Mais ce détachement n'est pas un troisième sentiment extrême. Il est malheureusement le fondement de ma vie. C'est un sentiment en jachère perpétuelle. Une peau morte, sur laquelle j'ai voulu greffer une existence composée au gré de mes instincts de vengeance. Surgis soudainement, après l'ineffaçable abandon sentimental de parents surpris par les cadeaux de la nature.

    Auprès de mon mutisme empreint d'un lourd désir

    Nourri par mes regrets, j'ai senti un soupir.

    N'aurais-je point laissé quelqu'un se rapprocher ?

    Elle a ouvert mon cœur à grands coups de scalpel,

    Tranché dans mes vouloirs pour en tirer le fiel,

    Traînant ma claustration devant son arc-en-ciel …

    Elle a parlé, pour m'écouter.

     

    PtK